Sommaire
- Le centenaire de 1925 : un puissant catalyseur culturel
- Van Cleef & Arpels et la redécouverte de la joaillerie Art déco
- Des résultats de vente qui confirment la tendance
- Une rareté structurelle devenue déterminante
- Un repositionnement du bijou comme actif patrimonial
- 2026 : un moment stratégique pour faire expertiser
- Expertise confidentielle
Par Cécile Simon, experte en bijoux et gemmologie et Lucas Tavel commissaire priseur
Depuis deux ans, le marché des bijoux Art déco connaît une progression remarquable. En 2026, cette dynamique se confirme : les adjudications dépassent fréquemment les estimations hautes et les pièces signées des grandes maisons parisiennes suscitent une concurrence internationale soutenue. Bracelets en platine ajouré, clips transformables, bagues serties d’émeraudes calibrées ou de diamants taille ancienne retrouvent une visibilité exceptionnelle.
Cette flambée ne relève pas d’un simple effet de mode. Elle s’explique par la conjonction d’un contexte culturel fort, d’une rareté structurelle et d’une demande mondiale en quête d’objets patrimoniaux identifiables.
Le centenaire de 1925 : un puissant catalyseur culturel

L’année 2025 a marqué le centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes organisée à Paris en 1925, événement fondateur du mouvement Art déco.
À cette occasion, le musée des Arts décoratifs à Paris a présenté l’exposition « 1925-2025. Cent ans d’Art déco », réunissant un ensemble majeur d’œuvres emblématiques du mouvement : mobilier, objets, textiles, architecture et créations joaillières. Cette célébration institutionnelle a replacé l’Art déco au cœur du débat culturel, rappelant l’importance historique et esthétique de cette période.
Ce type d’exposition agit directement sur le marché : il renforce la légitimité artistique des pièces et stimule l’intérêt des collectionneurs comme des héritiers.
Van Cleef & Arpels et la redécouverte de la joaillerie Art déco
En parallèle, la maison Van Cleef & Arpels a présenté en 2025 une exposition internationale consacrée à son héritage Art déco, mettant en lumière plus de deux cents pièces historiques issues de ses archives et de collections privées.
Cette mise en perspective historique rappelle que la joaillerie Art déco ne se limite pas à un style décoratif : elle constitue un moment fondateur dans l’histoire du bijou moderne. Les recherches techniques sur le platine, les systèmes transformables et les compositions géométriques ont profondément marqué la création joaillière du XXe siècle.
La médiatisation de ces expositions contribue à réactiver la demande sur le marché secondaire.
Des résultats de vente qui confirment la tendance

Les ventes internationales récentes attestent de cette dynamique.
En novembre 2025, lors de la vente « Magnificent Jewels » organisée par Christie’s à Genève, un bracelet Art déco signé Lacloche Frères, vers 1925, serti de rubis, émeraudes, onyx et diamants, a été adjugé 673 100 francs suisses, soit environ 620 000 euros. Ce résultat illustre l’appétit croissant pour les pièces d’époque bien conservées.
Toujours en 2025, certaines créations Art déco signées Cartier ou Van Cleef & Arpels ont largement dépassé leurs estimations lors de ventes organisées par Sotheby’s, confirmant la solidité du segment haut de gamme.
Ces résultats ne concernent pas uniquement les pièces spectaculaires. Le marché intermédiaire connaît lui aussi une progression sensible, notamment pour les bagues et bracelets en platine conservés dans leur état d’origine.
Une rareté structurelle devenue déterminante
La période Art déco couvre approximativement les années 1920 à 1935, soit une quinzaine d’années de production particulièrement inventive.
Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux bijoux ont été transformés pour s’adapter aux goûts des décennies suivantes. Certaines montures ont été fondues, d’autres démontées pour récupérer les pierres. Les pièces restées intactes sont donc aujourd’hui moins nombreuses qu’on ne pourrait l’imaginer.
Cette rareté réelle renforce mécaniquement la valeur des exemplaires authentiques et bien documentés. Sur un marché international où la concurrence est forte, la qualité d’origine et la traçabilité jouent un rôle essentiel.
Un repositionnement du bijou comme actif patrimonial
Dans un contexte économique marqué par l’incertitude, les collectionneurs recherchent des biens tangibles, porteurs d’histoire et identifiables. Le bijou Art déco répond à cette attente : il combine valeur esthétique, signature prestigieuse et dimension patrimoniale.
Comme le souligne Cécile Simon :
« Les acheteurs recherchent aujourd’hui des pièces avec caractère et cohérence historique. Même une bague non signée, si elle présente un travail typique des années 1920 et des pierres de qualité, peut atteindre plusieurs milliers d’euros. »
Ce retour vers le bijou historique s’inscrit dans une tendance plus large de réévaluation des arts décoratifs du premier tiers du XXe siècle.
2026 : un moment stratégique pour faire expertiser
La conjonction du centenaire, des expositions internationales et des résultats soutenus en ventes publiques crée un contexte favorable pour les propriétaires de bijoux Art déco.
Un bijou conservé dans une famille depuis plusieurs générations peut aujourd’hui révéler une valeur insoupçonnée. Toutefois, l’authenticité, l’état d’origine et la qualité des pierres demeurent déterminants. Les rééditions postérieures ou les transformations tardives peuvent influer significativement sur l’estimation.
Pour comprendre les critères précis d’évaluation, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’estimation de bijoux anciens ainsi que notre guide consacré à l’estimation des diamants.
Expertise confidentielle
Au Cabinet Tavel & Simon, nous accompagnons les particuliers dans l’analyse, l’estimation et la mise en vente de bijoux Art déco et plus largement de bijoux anciens.
Les expertises peuvent être réalisées sur photographies, sur rendez-vous à Marseille, Paris ou Lyon, ou lors de nos journées d’expertise en région.
Dans un marché aussi dynamique qu’en 2026, faire expertiser un bijou ancien n’est pas seulement une démarche patrimoniale : c’est parfois une véritable opportunité stratégique.
